installation performative / vidéo d'art

THE MASTER'S TOOLS - remastered

COLLECTIF (LA)HORDE

© Juan Corrales
© Martin Argyroglo
© Julien Ticot
© Juan Corrales
© Martin Argyroglo
© Tom de Peyret
© Martin Argyroglo

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THE MASTER'S TOOLS - remastered

COLLECTIF (LA)HORDE

Au milieu d’un ballet de véhicules - ici instruments de répression autant qu’objets de fascination - corps survoltés et révoltés se côtoient. Tandis que des danseurs s’adonnent aux mouvements saccadés de hard-dances popularisées sur YouTube, d’autres s’agglutinent pour mieux résister à une injonction de dispersement. Plus loin, une limousine vandalisée est le centre d’un kissing contest hors du temps. Aux alentours de ce nouveau radeau de la méduse, un ballet de lessiveuse efface le slogan «Demain est annulé» taggué au sol quelques minutes auparavant. La caméra continue de tourner et l’on ne sait jamais de quel côté de l’écran on se situe, si on est au cœur d’une manifestation ou de sa représentation.

 

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THE BEAST est le Chapitre 3 de la fresque performative de The Master’s Tools

Une limousine vandalisée est le centre d’un Kissing Contest hors du temps. Aux alentours de ce nouveau radeau de la méduse, un ballet de lessiveuse efface le slogan «demain est annulé» taggué au sol quelques minutes auparavant.
The beast est le nom que Donald Trump donne à sa berline, sa limousine. Symbole du monde de la nance et des 1%, nouveau fétiche de la modernité. Avant les pauvres ne voyaient pas les riches. Aujourd’hui, le lointain n’existe plus, la prolifération des écrans et la rapidité des communications réduisent la planète à un village où tout est proche et instantané, où désirs et frustrations, échecs et réussites, inclusion et exclusion mijotent comme dans une cocotte-minute. La limousine est une bulle, un endroit protégé, régressif, coupé du monde réel, comme l’univers de luxe et de la rémunération obscène où évoluent les moguls du capitalisme contemporain.
Lors des élections présidentielles américaines, des émeutes ont explosé dans les grandes villes des Etats- Unis et des berlines, limousines, symbole du pouvoir en place ont été vandalisées. On pouvait lire sur cer- taines «WE THE PEOPLE» qui est la première phrase de la constitution américaine.
Les Kissing Contest aux Etats-Unis, concours pour gagner des voitures retransmis en direct sur le net et à la télévision se sont multipliés ces dernières années. Au départ, ces concours consistaient à toucher une voiture le plus longtemps possible an n de la remporter. Suite au succès du à la vitalité des reports vidéo sur les réseaux sociaux, les concours se sont transformés en «Kissing contests», il s’agit maintenant d’embrasser la carrosserie de la voiture. Des arbitres vérifient que les compétiteurs ne dorment pas et que chacune de leurs lèvres touche bien la voiture. Les constructeurs automobiles capitalisent sur des individus dans le besoin, et mettent en scène une forme d’avilissement envers leur produit.
Cette forme est ici reprise par des performers, mais le tableau est moins manichéen, embrassent-ils l’objet de luxe et du pouvoir? ou sa destruction? Cette position ambivalente fait osciller la performance entre avillis-sement et révolte désenchantée, emblèmes de notre époque. Les différents personnages sont incarnés par plusieurs performeurs a n de créer un roulement qui leur permet de gérer le temps à leur guise.
Tout autour de la limousine, des performers, en costumes d’agent de nettoyage écrivent à la bombe au sol «DEMAIN EST ANNULÉ», un slogan repris lors de diverses révoltes, oxymores qui vient reprendre l’indiffé- rence génerale aux luttes actuelles. Plus tard les mêmes performeurs, auteurs des graffitis au sol, entament un ballet de machines et poussent des lessiveuses pour effacer ce qu’ils viennent d’écrire. Une manière de montrer que les mêmes questions de société reviennent avec un éternel recommencement et que la boucle continue de la révolte nous interroge quant à son vrai pouvoir de changement.