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- 05.03.2026
Créé à la Ménagerie de verre le 12 mars prochain, Motor Unit est né du dialogue qu’entretient Sati Veyrunes, dans un même espace, un même temps et un même corps avec deux pièces chorégraphiques, celles d’Erna Ómarsdóttir et d’Adrienn Hód. L’interprétation y devient pour elle un acte curatorial, entre transmission et re-création.
Erna Ómarsdóttir et Adrienn Hód sont venues à des moments différents de mon parcours. Erna m’a fait comprendre que le danseur, avec ses différentes strates de présence, est engagé tout entier dans la forme chorégraphique : expressions du visage, cris, silences, vide… C’est une écriture très puissante en termes d’images. J’aime aussi chez elle son rapport à l’effort, dont elle fait une vérité scénique.

Adrienn Hód avait vu Hope Hunt & the Ascension into Lazarus, qu’Oona Doherty m’avait transmis en 2023, et j’ai découvert son travail au cours du même festival. L'agentivité extrême qu’elle offre à l’interprète, avec ce qui est à la fois cadré et improvisé m’a fasciné. Une correspondance de deux ans a suivi, et peu à peu a émergé l'idée évidente de faire dialoguer ces écritures
Motor Unit entend donner à ce diptyque une unité forte : Le titre, Motor Unit, c’est la plus petite unité motrice de la chorégraphie, la plus petite cellule anatomique qui se met en mouvement : le corps de l’interprète, comme moteur premier. Le dispositif scénique revient pour cela à une forme de nudité. Presque pas de décor, presque pas d’artifice, un espace dépouillé

Surtout, Sati Veyrunes fait des questions de transmission chorégraphique, et donc de celle du passage et de la durée un fil directeur. « Erna et Adrienn ont toutes les deux un lien avec la question de la persistance. Persister, c’est remettre en jeu en acceptant le changement. C’est ce qui permet de passer le relai, d’entretenir une relation au matériau d’origine tout en le transformant. C’est réactiver sans reproduire »
Persister, cela renvoie à la fois à la dimension physique de la performance mais aussi à la méthode qui consiste à transmettre une pièce pour qu’elle se transforme. Qu’elle réactive des extraits de Voice of Power, d’Adrienn Hód ou d’IBM 1401 d’Erna Ómarsdóttir, Sati Veyrunes pense la danse comme une pratique où interprétation et création sont indissociables : Que vais-je chercher à l’intérieur de moi, pour traverser, pour me laisser traverser par ces écritures ? Je suis traversée et je produis cette forme pour qu’elle existe, à la fois récepteur et agent : c’est ça qui me touche dans ce métier. Je cherche pas à exécuter une forme, mais à être traversée par elle et à la faire exister.
Dans cette passation, quelque chose demeure, quelque chose échappe