CHOREGRAPHIE
George BALANCHINE
remontée pour le BNM par Nanette GLUSHAK
MUSIQUE
Jean-sébastien BACH
Concerto pour deux violons et orchestre à cordes, en ré mineur BWV 1043
PREMIERE le 27 juin 1941 par l'American Ballet Caravan reprise en 1948 par le New-York City Ballet
/nouvelle version en 1951
Ballet pour 1 danseur et 10 danseuses
18 mn
Concerto Barocco n'a pas de « sujet », il y a seulement la partition sur laquelle il se danse et les danseurs qui en sont les exécutants. Réglé sur le Concerto en ré mineur pour deux violons, ce ballet s'efforce de ne recourir qu'à la danse pour susciter l'intérêt du public, la danse et sa manière d'entrer en relation avec la musique, exactement comme l'art et l'architecture baroques suscitaient l'intérêt non par leurs sujets, mais par le traitement décoratif dont ils embellissaient ces sujets.
PREMIER MOUVEMENT : VIVACE
La musique commence. Il y a huit filles sur la scène. Elles dansent tantôt en un seul groupe, tantôt en deux groupes, tantôt deux par deux. Elles ne sont pas le reflet de la musique, elles tracent une image dansée de la musique. De même que le portrait ne se confond pas avec la photographie de reportage, de même cette image dansée s'efforce de dire quelque chose qui ne pourrait s'accommoder de l'exact mot à mot, mesure à mesure, rythme à rythme, simple décalque de la musique.Lorsque les deux violons se font entendre, deux danseuses solistes entrent en scène.
Séparément, ensembles, et avec le corps de ballet, elles tiennent leur partie dans l'orchestration dansée. Elles prennent appui l'une sur l'autre, quand la musique de l'un des violons se tresse à celle de l'autre ; elles présentent et développent des thèmes dansés, qui reviennent selon ce que l'orchestre répète ou développe de ses propres
thèmes.
DEUXIEME MOUVEMENT : LARGO MA NON TANTO
L'orchestre fait entendre une mélodie touchante et lyrique. L'une des solistes revient, accompagnée d'un danseur, qui la porte d'un mouvement doux et lent, puis la fait tourner tandis que le corps de ballet s'incline devant elle. Le danseur la fait entrer et
sortir d'un labyrinthe formé par le corps de ballet. La musique est tendre, mais aussi noble et chaleureuse.Quand la symphonie tout entière s'affirme de façon toujours plus puissante, répétant
inlassablement son thème, pour s'attarder, après chaque répétition de cet effort ascensionnel, comme sur un nouveau sommet, le partenaire de la ballerine l'élève haut, au-dessus de sa tête, encore et encore, à mesure que le volume sonore augmente. Puis, vers la fin du mouvement, le garçon fait glisser la fille au ras du sol en trois
mouvements audacieux. La ballerine se relève chaque fois sur une pose ouverte, qui reflète la force secrète de ce rythme lyrique.
TROISIEME MOUVEMENT : ALLEGRO
La musique est d'un rythme rapide. Les dix danseurs semblent y répondre spontanément, marquant la mesure par des sauts doux et légers, de délicats ports de bras et par des arrêts qui figent un instant leurs groupes. Tous les danseurs s'agenouillent tandis que joyeuse, la musique prend fin.
George Balanchine « Histoire de mes ballets »
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