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La première fois que j’ai collaboré avec John Adams, c’était pour la pièce “Available Light”, une commande du musée d’art contemporain de Los Angeles, dont les décors étaient signés par l’architecte Frank Gehry. Depuis, j’ai créé avec lui “Chairman Dances” en 2000 pour les Ballets de Monte-Carlo, et plus récemment son nouvel opéra, “Dr Atomic”.
Pour cette pièce, je me suis inspirée de la musique d’Adams en faisant une analyse détaillée de la partition. Chaque phrase de la chorégraphie peut être identifiée en lisant la partition et le rôle de chaque danseur est déterminé par la structure de la musique. C’est la précision dans l’exécution des mouvements qui met les danseurs en relation dans le temps et dans l’espace. La chorégraphie est abstraite ; elle met en scène huit garçons et filles tantôt en groupes, tantôt en couples dont la relation enjouée provient de la musique.
L’ambiance du début du second mouvement est quelque peu « contenue » et, bien que coordonnés dans leurs mouvements, les danseurs évoluent dans l’espace sans base commune. Puis « tout d’un coup », sans transition apparente, ils semblent démarrer une nouvelle chorégraphie pour revenir ensuite aux codes initiaux.
Le troisième et dernier mouvement est un nouveau départ, un nouveau jeu … et le voyage continue. Lucinda Childs

« Tempo Vicino » est une expression de la grâce dénuée de synopsis. Ici, pas de héros, pas de fiction, rien ne nous autorise à trouver le fil d’une histoire, les sentiments reposent sur le délié, le saccadé, sur ce dessin permanent du groupe qui se remplit et se vide, se croise et s’entremêle jusqu’à la tombée du silence sur une seule note. Le public est abandonné dans cette élévation qui nous porte jusqu’au dehors, quelque chose d’indéfinissable. Merci Madame.
Karim Grandi-Baupain - Ventilo, 3/16 juin 2009

« Tempo vicino » est une œuvre très belle, sereinement, majestueusement belle, où les danseurs apparaissent et disparaissent selon un dosage subtil, mus par un mouvement perpétuel. Comme un concerto, la pièce s’articule en trois mouvements dont la beauté culmine avec le mouvement lent. Un mouvement noble et mélancolique, d’une ineffable poésie, soulignée par d’admirables lumières de Philippe Grosperrin.

Une fois encore, l’écriture de Lucinda Childs offre le spectacle d’une parfaite plénitude, celle de l’intelligence en mouvement. Et si la chorégraphe est ici fidèle à elle-même, c’est sans donner nullement l’impression de se répéter : le signe d’un épanouissement, d’une perfection qui touche au classicisme.
Raphael de Gubernatis - Le Nouvel Observateur, 2 juin 2009

Ici, l’émotion suscitée par un sentiment est secondaire. C’est simplement la beauté des déplacements des 16 danseurs sur Son of Chamber symphony qui prédomine. La démonstration, où danseurs et musique ne font qu’un, est impressionnante.
Jean-Frédéric Gallo - La Tribune du Sud, 2 juin 2009

TEMPO VICINO
création le 27 mai 2009 pour le Ballet National de Marseille
CHORÉGRAPHES INVITÉS
  • Lucinda CHILDS
  • Lucinda Childs fait ses débuts de chorégraphe et d’interprète en 1963 en tant que membre fondateur du Judson Dance Theatre à New York. Elle fonde sa propre compagnie en 1973 et collabore avec Robert Wilson et Philip Glass en créant en 1976 la chorégraphie de l’opéra « Einstein on the Beach », dont elle interprète le rôle principal.
 
GÉNÉRIQUE

Musique « Son of Chamber Symphony » de John ADAMS
Création lumières Philippe GROSPERRIN
Création costumes Lucinda CHILDS, Nicole MURRU & Aurélia LYON
Réalisation costumes Danièle MEROPE GARDENIER

Maître de Ballet Eric VU AN