© Delcey © Delcey © Delcey

« Réalité ou apparence trompeuse ? Confusion des sens, action ou agitation, immobilité ou immobilisme ? Comment se situer dans la juxtaposition des dimensions horizontale et verticale de la temporalité, comment y inscrire le corps ?
Être artiste, en tout cas tel que je le conçois, c’est rester un observateur attentif et privilégié du monde et des évolutions de la société. Pour le meilleur et pour le pire. Il suffit par exemple de s’arrêter deux minutes dans la rue pour constater à quel point il est devenu quasiment impossible de s’immobiliser dans une société devenue dépendante, accro à la vitesse et au changement : mouvement perpétuel, flot incessant des communications et des informations, satisfaction instantanée des désirs, déplacements toujours plus rapides, machines aux débits sans cesse croissants, ... Vertiges. Avec des interprètes exclusivement masculins, et parce que je conçois mon écriture chorégraphique comme une circulation d’énergie traversant un corps et que l’on cherche à maîtriser en régulant son flux, j’ai choisi d’explorer cette notion de mouvement perpétuel imposée par le groupe, en m’appuyant sur la Partita n°2 de J-S. Bach, alliance idéale et résolument moderne d’une spiritualité exacerbée et d’une mathématique implacable. Métaphore de la fuite en avant, du temps qui passe, de l’urgence, l’horizontalité des mouvements et des déplacements incessants vient en opposition à la verticalité d’une scénographie qui semble avoir été comme figée dans le temps, suspendue l’espace d’une seconde. Le flux incessant qui se déploie sur scène est ponctué de suspensions du temps, d’arrêts poétiques, de ces instants verticaux d’apparente immobilité où l’on essaie de se trouver et de se situer dans le flot d’informations, d’images. Immobilité ? » Eric Oberdorff
LES VERTIGES
DE L’IMMOBILITÉ
Créé le 23 avril 2010 à l’Opéra de Marseille par le Ballet National de Marseille
Entrée au répertoire du BNM le 23 avril 2010
CHORÉGRAPHES INVITÉS
  • Eric OBERDORFF
  • Après avoir étudié la danse au Conservatoire National de Région de Nice (1er prix en 1984) et à l’Ecole de danse Internationale de Cannes Rosella Hightower, Éric intègre l’Ecole de danse de l’Opéra de (...)
 
GÉNÉRIQUE
Assistante chorégraphique : Cécile Robin-Prévallée
Musique : Partita n°2 en ré mineur de Jean-Sébastien Bach
Lumières : Arnaud Viala
Décors : Bruno de Lavenere
Costumes : Philippe Combeau
20 mn