Narcisse était amoureux de son image. C’est ce qui l’a perdu. C’était il y a fort longtemps, avant l’invention du cinéma, avant l’avènement d’Internet. Mais qu’advient-il de Narcisse si son image se libère de son emprise, se dérobe, se révolte, revendique une certaine indépendance pour atteindre une apparence de liberté ?
Le Trouble de Narcisse, c’est celui généré par la naissance du cinéma, de la télévision dont Muybridge fut un précurseur, c’est aussi sa prise de conscience du mensonge systématique de l’image. Narcisse aujourd’hui sait qu’il est amoureux d’une illusion, et ce sont les possibilités infinies de son corps virtuel qui le fascinent, lui qui accepte difficilement les contraintes de l’ici et maintenant imposées à son corps réel.
Le travail vidéo fait du « Trouble de Narcisse » une création originale où les interprètes affrontent leur propre représentation. Le corps face à son image, impressionne, trouble et surprend. Avec la collaboration ingénieuse des architectes américains Diller et Scofidio, Narcisse est une proposition intelligente et interdisciplinaire.
Jean-Frédéric Gallo - La Tribune du Sud, 2 juin 2009
Toute la fascination exercée par cette pièce sur le spectateur tient à la virtuosité des interprètes sur scène et à l’étrangeté de leur propre image qui apparaît simultanément. Magie de l’écran, effet de sa luminosité, miracle aussi d’une technologie d’une exceptionnelle qualité, cette image filmée du danseur, tantôt fidèle à ce qu’il exécute sur le plateau, tantôt se lançant dans des variations totalement différentes de celles dansées par son modèle, est parfois plus puissante, plus saisissante que la présence réelle de l’artiste.
Raphael de Gubernatis - Le Nouvel Observateur, 2 juin 2009
" (…) inventif, même dans l’économie de moyens, (Flamand) peut s’appuyer sur le talent des neuf interprètes (…) pour illustrer un culte de l’image et du corps propre aussi bien au danseur qu’au monde moderne."
Patrick Merle - La Provence, 4 juin 2009