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Dans le 4e séminaire de Lacan “La relation d’objet”, il établit que : L’étape du miroir est loin d’être un simple phénomène qui apparait dans le développement de l’enfant. Cela illustre la nature conflictuelle de la dualité relationnelle. La “relation duelle” ne se réfère pas seulement à la relation entre l’Ego et le Corps, qui est toujours caractérisé par une illusion de similarité et de réciprocité, mais aussi à la relation entre l’imaginaire et le réel. L’identité visuelle renvoyée par le miroir fabrique une “intégrité” imaginaire à l’expérience d’un réel fragmenté...

Pour Lacan, au cours de notre développement, lors de notre enfance, nous passons par l’étape du miroir entre 6 et 18 mois. C’est la conscience de nous-même, la création de l’ego.

Cette pièce se joue sur cette fine ligne entre “l’identité” imaginaire et l’image “réelle”.

Grandir avec un reflet illusoire de soi, cela déforme-t’il l’identité avec laquelle nous croyons apparaître ? Cela affecte-t’- il nos relations sociales ? Cela produit-il des conflits ? Nous rend-il confus si nous lui faisons face ? Si sûrs que nous sommes de notre image en tant que “fait”, alors que d’autres, pour des raisons historiques, physiques ou neurologiques, ont su créer leur identité à travers d’autres codes.

Il n’y aurait que 8000 ans que les miroirs existent. Sans miroirs, sans images d’eux-mêmes, c’est par la comparaison, le langage et l’échange affectif que les humains se définissaient.

Les non-voyants, en rajoutant le toucher, procèdent toujours de la même manière.

Pour des raisons neurologiques des enfants sont incapables de visualiser l’unité de leur propre image. Ils appréhendent donc leur identité comme un puzzle en perpétuel mouvement. Se redéfinissant sans cesse suivant la part d’eux-mêmes qu’ils sont capables de percevoir à tel ou tel instant.

Recherche sans fin, qui est en fait celle de tout un chacun.

Notre recherche d’identité permanente -motivée par un désir d’être aimé pour ce que l’on croit être, façonnée par la volonté de coller à l’image que l’on croit que les autres ont de nous- se télescope aujourd’hui à notre société du “tout image”.

Notre identité est finalement multiple, une image de nous-même légèrement “glissée” (shifted) par son point de réception.

Une Identité Glissée, an IDENTITY SHIFT. Katharina Christl

IDENTITY SHIFT

Production Ballet National de Marseille
Création le 14 mars 2014 au Grand Studio du Ballet National de Marseille
CHORÉGRAPHES INVITÉS
  • Katharina CHRISTL
  • Katharina Christl est née à Dresden (Allemagne), en 1979. De 1990 à 1996, elle se forme à la Palucca – Hochschule für Tanz de Dresden. Dès 1996, elle apparaît dans de nombreux spectacles et performances (...)
 
GÉNÉRIQUE

Musiques Steve Reich
Lumières Philippe Grosperrin
Vidéo Jean–Christophe Aubert