© Pascal Delcey © Roland Simounet © Pascal Delcey

En 1992, le chorégraphe Roland Petit y installe les danseurs de la compagnie et les élèves de l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille.

L’édifice qu’a créé Roland Simounet est à l’évidence issu des terres chaudes et sèches de la Méditerranée.

Solaire, très proche de la "casbah" dans son fonctionnement et son organisation, ses volumes et ses structures sont apaisants. Harmonie des formes, mouvement, liberté et lumière … justes réponses pour ce lieu voué à la création chorégraphique.

Roland Simounet est né en 1927 à Alger.

Il étudie à l’Ecole d’Architecture d’Alger, puis à Paris et commence à construire en 1951.

Il participe au Congrès International des Architectes Modernes et conçoit La Cité de transit de Djenan El Hasan en 1956-1958, celle de Timgad en Algérie et la Résidence Universitaire de Tananarive à Madagascar.

En France, il réalise principalement l’École d’Architecture de Grenoble en 1977, la rénovation de l’Ilot n°1 à Saint-Denis et trois musées : le Musée de la Préhistoire à Nemours de 1975 à 1979, le Musée Picasso à Paris en 1985 (réhabilitation de l’Hôtel Salé), et le Musée d’art moderne Lille Métrople de 1979 à 1983.

Membre de l’Académie Française d’Architecture, Roland Simounet a reçu en 1977 le Grand Prix National d’architecture et l’Equerre d’Argent en 1985 pour son travail sur le Musée Picasso.

Le bâtiment qui abrite le Ballet National et son Ecole de danse dans le Parc Henri Fabre à Marseille est inauguré en 1992.

Mouvement, équilibre, défi, liberté, joie

Courir, gravir, trépigner, dévaler, se presser, s’épanouir dans le travail, se détendre : étapes proposées pour un parcours vivant dans l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille. Comme un grand praticable, une rampe montant en pente douce mène au seuil de l’édifice, une cour intérieure surélevée, à ciel ouvert.
Regroupés, élèves et danseurs entrent dans le vestibule baigné de lumière, prolongé d’emmarchements. Deux escaliers de part et d’autre du porche, largement dimensionnés, à simple volée droite, répartissent élèves et danseurs et les attirent vers le niveau du rez-de-jardin.
Ici les élèves de l’École s’engagent dans leurs coursives périphériques, passant par leurs vestiaires, avant de rejoindre les studios qui leur font face.

Là, les danseurs de la Compagnie gagnent leurs vestiaires et leurs loges, installés dans le secret d’une large enveloppe courbe en abside du grand studio. Pour eux, le mouvement se prolonge vers les niveaux supérieurs, où salles de repos, rampes douces et terrasses dallées s’articulent et se déploient en labyrinthe ouvert sur le ciel.

Le parcours vivant, actif, faisant alterner passages abrités et espaces lumineux, mène au coeur de l’édifice. Volumes apaisants des studios de l’École, d’une géométrie simple, baignés d’un jour diffus. Vastes nefs des grands studios, clos de hauts murs et rayonnants de lumière.
Au dehors, dans un grand travelling, réapparaît l’édifice, solaire, déployant ses volumesfortement structurés, équilibré par le mur de scène érigé, en forme de signal. Mouvement, rythme,harmonie, formes, justes réponses pour ce lieu voué à la Danse.

Roland Simounet

HISTORIQUE