© Roland Simounet © Pascal Delcey

LE BNM D’HIER À AUJOURD’HUI

DE ROLAND PETIT...
C’est en 1972 que Roland Petit crée à Marseille une compagnie qui rayonnera en France et dans le monde entier : les Ballets de Marseille. Il présente l’annéemême sa première création qui marquera les esprits, en rendant hommage à la musique rock dans une salle habituellement destinée aux grandes rencontres sportives ! Avec Pink Floyd Ballet donné à la salle Vallier, accompagné en live par le groupe mythique, le chorégraphe ancre le ballet dans l’ère moderne. Formé au Ballet de l’Opéra de Paris, notamment par Serge Lifar, Roland Petit n’aura de cesse, au long de sa riche carrière, de bousculer les cadres du ballet classique et de la danse contemporaine. Il travaille avec les grands noms du monde artistique, comme le styliste Yves Saint Laurent, le danseur Mikhaïl Barychnikov, les peintres Keith Haring ou David Hockney, l’écrivaine Edmonde Charles-Roux…
À partir de 1981, la compagnie devient le Ballet National de Marseille et investit quelques années plus tard en 1992 un lieu spécialement dédié à ses activités ainsi qu’à celles de l’École Nationale Supérieure de Danse. Dans ce bâtiment conçu par l’architecte Roland Simounet, évoquant un village maure, les deux structures cohabitent encore aujourd’hui et œuvrent, chacune dans leurs missions, à l’apprentissage et la diffusion de l’art chorégraphique.
Après le départ de Roland Petit, le BNM fut dirigé de 1998 à 2004 par Marie-Claude Pietragalla puis jusqu’en 2014 par Frédéric Flamand, chacun ouvrant le Ballet vers de nouvelles expériences artistiques.

... À EMIO GRECO / PIETER C. SCHOLTEN
Nommés par le Ministère de la Culture, Emio Greco et Pieter C. Scholten, forts de leur réussite à ICKamsterdam (Centre international d’arts chorégraphiques d’Amsterdam) prennent la direction du Ballet National de Marseille en septembre 2014. Duo artistique formé il y a maintenant vingt ans, Emio Greco et Pieter C. Scholten fondent leur travail de recherches chorégraphiques sur « le corps », que l’on fasse référence à l’enveloppe corporelle ou à l’entité sociale. Dans la droite ligne de Roland Petit, la volonté de ce duo atypique est de perpétuer l’esprit rebelle et avant-gardiste du Ballet National de Marseille. La création et la diffusion de spectacles du Ballet et d’artistes invités sont au cœur de ses missions. Fortement ancré dans notre temps, curieux et ouvert sur le monde, le BNM est également un haut lieu du patrimoine architectural marseillais, non loin du parc Borély.

Roland Simounet est né en 1927 à Alger.

Il étudie à l’Ecole d’Architecture d’Alger, puis à Paris et commence à construire en 1951.

Il participe au Congrès International des Architectes Modernes et conçoit La Cité de transit de Djenan El Hasan en 1956-1958, celle de Timgad en Algérie et la Résidence Universitaire de Tananarive à Madagascar.

En France, il réalise principalement l’École d’Architecture de Grenoble en 1977, la rénovation de l’Ilot n°1 à Saint-Denis et trois musées : le Musée de la Préhistoire à Nemours de 1975 à 1979, le Musée Picasso à Paris en 1985 (réhabilitation de l’Hôtel Salé), et le Musée d’art moderne Lille Métrople de 1979 à 1983.

Membre de l’Académie Française d’Architecture, Roland Simounet a reçu en 1977 le Grand Prix National d’architecture et l’Equerre d’Argent en 1985 pour son travail sur le Musée Picasso.

Le bâtiment qui abrite le Ballet National et son Ecole de danse dans le Parc Henri Fabre à Marseille est inauguré en 1992.

Mouvement, équilibre, défi, liberté, joie

Courir, gravir, trépigner, dévaler, se presser, s’épanouir dans le travail, se détendre : étapes proposées pour un parcours vivant dans l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille. Comme un grand praticable, une rampe montant en pente douce mène au seuil de l’édifice, une cour intérieure surélevée, à ciel ouvert.
Regroupés, élèves et danseurs entrent dans le vestibule baigné de lumière, prolongé d’emmarchements. Deux escaliers de part et d’autre du porche, largement dimensionnés, à simple volée droite, répartissent élèves et danseurs et les attirent vers le niveau du rez-de-jardin.
Ici les élèves de l’École s’engagent dans leurs coursives périphériques, passant par leurs vestiaires, avant de rejoindre les studios qui leur font face.

Là, les danseurs de la Compagnie gagnent leurs vestiaires et leurs loges, installés dans le secret d’une large enveloppe courbe en abside du grand studio. Pour eux, le mouvement se prolonge vers les niveaux supérieurs, où salles de repos, rampes douces et terrasses dallées s’articulent et se déploient en labyrinthe ouvert sur le ciel.

Le parcours vivant, actif, faisant alterner passages abrités et espaces lumineux, mène au coeur de l’édifice. Volumes apaisants des studios de l’École, d’une géométrie simple, baignés d’un jour diffus. Vastes nefs des grands studios, clos de hauts murs et rayonnants de lumière.
Au dehors, dans un grand travelling, réapparaît l’édifice, solaire, déployant ses volumesfortement structurés, équilibré par le mur de scène érigé, en forme de signal. Mouvement, rythme,harmonie, formes, justes réponses pour ce lieu voué à la Danse.

Roland Simounet

HISTORIQUE