Une aventure chorégraphique

Lorsque le premier – danseur né dans le sud de l’Italie – et le second, – metteur en scène du théâtre alternatif néerlandais – ont réuni leur talent dans le courant des années quatre-vingt-dix, ils ont fait de leur double signature une aventure chorégraphique.

Partant, en 1995, de la curiosité du corps et de ses motifs intérieurs, ils créent leur première œuvre : le solo Bianco, qui constitue la première partie de la trilogie Fra Cervello e Movimento (entre cerveau et mouvement). La trilogie sera accompagnée d’un manifeste artistique qui se décline à partir du corps et de sa logique en sept nécessités. Ce manifeste est la base du nouveau langage qu’ils ont créé.

Pour qualifier leur travail, son originalité – où se mêlent rigueur de la recherche et puissance de l’imaginaire -, un nouveau terme a été inventé : extrêmalisme. Emio Greco et Pieter C. Scholten, dès les débuts de leur compagnie, baptisée Emio Greco I PC, ont développé un univers et une écriture, forgés de tension et de synchronicité qui empruntent tant au vocabulaire classique qu’à la danse postmoderne.

L’étrange théâtralité dont les pièces sont imprégnées, la haute qualité de la danse d’Emio Greco et de ses danseurs, répétitive ou débordante, sont strictement cadrées par la partition chorégraphique pour construire dans chaque pièce d’énigmatiques fictions de chair. Le corps cet inconnu, avec ses réservoirs de mondes sensibles, semble alors s’y réfléchir, comme s’il était l’auteur même de ces récits, absorbé, immergé dans des espaces inattendus, mystérieux, que la scénographie lumineuse, avec ses jeux de couleurs ou ses monochromies, contribue à dévoiler, en dialogue avec les musiques choisies.

_ A partir de 2002, à l’invitation du festival international d’Edimbourg, le duo chorégraphie et met en scène deux opéras, dont Orfeo ed Euridice (Orphée et Eurydice) de Gluck. En 2003, invités par le metteur en scène flamand Ivo Van Hove, ils créent Teorema, d’après le film et le roman de Pier Paolo Pasolini. Depuis 2004 ils mènent un projet collaboratif avec le compositeur suisse Hanspeter Kyburz, concentré sur l’interaction entre la danse, la musique et l’électronique en temps réel, qu’a donné lieu à deux créations, Double Points : + et Double Points : OYTIZ, avec la participation de l’Ensemble Intercontemporain et de l’IRCAM.

Ces excursions interdisciplinaires mènent en 2006 au spectacle de danse très primé, HELL, le premier volet de ce qui deviendra une tétralogie inspirée de La Divine Comédie de Dante. Les deux volets suivants, [purgatorio], présentés en 2008 au Holland Festival à Amsterdam seront basés sur des collaborations avec les compositeurs Michael Gordon (Etats-Unis) et Franck Krawczyk (France). En 2009, EG I PC expérimente une collaboration particulière avec la violoniste Janine Jansen et le clarinettiste Martin Fröst, dont naît le spectacle Double Points : Janine I Martin. Le troisième et dernier volet de la trilogie de Dante, you PARA I DISO se crée ensuite en juillet 2010 à Monaco.

Parmi les créations les plus récentes de la compagnie on compte Beyond Seoul (2009-2010), Le Corps DU BALLET (2011, pour les Ballets de Monte-Carlo), La Commedia (2011), Rocco (2011) et Passione in Due (2012, avec Franck Krawczyk).

Emio Greco I PC s’est également vu attribuer de multiples prix nationaux et internationaux, connaît une grande reconnaissance internationale et effectue de nombreuses tournées dans le monde entier. Les spectacles sont régulièrement coproduits par d’importants festivals et lieux de spectacle.

En 2009, Emio Greco et Pieter C. Scholten créent à Amsterdam le Centre international d’arts chorégraphiques (ICK) : une plateforme interdisciplinaire et internationale pour des talents émergents ainsi que confirmés. ICK souhaite contribuer au développement et à la vitalité de la danse en stimulant la recherche sur la danse, en offrant de l’espace pour des projets de recherche, pour entamer le dialogue avec d’autres artistes

En février 2014, Emio Greco et Pieter C. Scholten, sont nommés à la direction artisque du Ballet National de Marseille.

Emio Greco I Pieter C. Scholten