Dès le départ, l’itinéraire de Frédéric Flamand est inscrit sous le triple signe de la rencontre, du dialogue et d’une certaine utopie teintée de réalisme. Il fonde en 1973 le groupe Plan K : il y interroge le statut et la représentation du corps humain en intégrant au spectacle vivant les arts plastiques et les techniques de l’audiovisuel, jetant ainsi les bases de la démarche interdisciplinaire qui alimente son travail jusqu’à ce jour. Convaincu de l’importance pour une compagnie d’être attachée à un lieu qui permet les rencontres, Frédéric Flamand ouvre à Bruxelles en 1979 un centre multi-arts dans une ancienne raffinerie de sucre. Y sont accueillis des artistes issus de différentes disciplines : Bob Wilson, William Burroughs, Philippe Decouflé, Marie Chouinard, Joy Division, etc…. Dans les années 80, Flamand collabore avec des musiciens tels Michael Galasso et Peter Gordon, auxquels il commande des compositions pour ses spectacles. Il travaille également avec des plasticiens scénographes, comme Marin Kasimir pour If Pyramid were Square. En 1989, il entame une première collaboration avec le vidéaste italien Fabrizio Plessi, La chute d’Icare, sur une musique de Michael Nyman. Suivront Titanic (1992), et Ex Machina (1994) pour clore cette trilogie. En 1991, Frédéric Flamand fonde Charleroi /Danses. Dès lors, il intensifiera dans son travail l’intégration de la technique classique de danse et des techniques contemporaines, convaincu qu’il est plus fécond de les faire dialoguer que de les opposer. Avec Charleroi/Danses, Frédéric Flamand assure à la fois son travail de création et l’organisation de biennales internationales de danse déclinées suivant des thèmes choisis : « Corps et Machines » en 1994, « Vitesse et Mémoire » en 1996, « Gender » en 1998. C’est également dans les années 90 que Frédéric Flamand entame sa réflexion sur les rapports de la danse et de l’architecture, tous deux arts de la structuration de l’espace. Il convie différents architectes – l’iraqo-britannique Zaha Hadid (Metapolis), le français Jean Nouvel (Body/Work/Leisure) ou les américains

Thom Mayne (Silent Collisions), Diller + Scofidio (Moving Target et EJM1 & 2) – à élaborer des dispositifs, éprouvant la résistance du corps aux flux urbains, aux nouveaux outils technologiques, aux pathologies modernes, ou encore aux mythes antiques – éminemment contemporains. Chaque création est l’occasion de projeter un univers imaginaire, cependant en contact immédiat avec le réel. L’ optique pluridisciplinaire de son travail a conduit Frédéric Flamand à la tête du 1er Festival International de Danse Contemporaine de la Biennale de Venise 2003. Il fut également titulaire d’un atelier dans la section Art&Design à l’Université d’Architecture de Venise. En 2004, il est nommé directeur du Ballet National de Marseille, pour lequel il crée La Cité radieuse, avec Dominique Perrault, Métamorphoses, première incursion dans le design avec les frères Campana, La Vérité 25 x par seconde, avec le désormais célèbre architecte-plasticien dissident chinois Ai Weiwei. En 2012, à la demande de l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne, Frédéric Flamand met en scène et chorégraphie l’opéra de Gluck, Orphée & Eurydice en collaboration avec l’artiste belge Hans Op de Beeck qui en a assuré la scénographie. Cet opéra a également été invité à l’Opéra Royal de Versailles. En 2013, dans le cadre de Marseille – Provence 2013 Capitale européenne de la Culture, il crée Sport Fiction sur l’esplanade de la gare St-Charles à Marseille devant 5 000 spectateurs. Parallèlement, Frédéric Flamand est également nommé directeur artistique du Festival international de Danse de Cannes pour les éditions 2011 et 2013. Frédéric Flamand sera également artiste associé de Mons 2015 - Capitale européenne de la Culture.

Frédéric FLAMAND
Chorégraphe